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Vincent Jeannerot prouve que l’aquarelle botanique n’est pas morte

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fleurpreferee

“Toutes les différentes étapes dans le cycle de vie d’une fleur sont belles, à partir du bourgeon et jusqu’à la fleur fanée. Mais je préfère peindre la vie.”

Sur un réseau social dominé par les filles en forme et les açai bowls, on ne s’attend pas à ce que les beaux arts aient la cote - mais Instagram adore Vincent Jeannerot. Avec une carrière de plus de 30 ans, l’aquarelliste botanique Français n’imaginait pas il y a cinq ans que poster une photo de son travail sur Facebook le propulserait vers le succès international. 

Depuis ce premier post, Jeannerot n’a pas cessé de parcourir le monde, il a également publié un livre d’art, il a vu ses créations transformées en tatouages temporaires odorants et il enseigne à de jeunes Russes et d’autres aquarellistes en herbe à l’étranger comment peindre des aquarelles botaniques et nostalgiques. Nous avons rencontré Vincent à Amsterdam pour lui parler du processus artistique, de son amour pour les dahlias et de la fois où il est allé à une exposition pour voir vingt tournesols en train de fâner.

Bonjour Vincent. Comment avez vous découvert l’aquarelle botanique ?

Vincent Jeannerot : Aux Beaux Arts, j’ai débuté par la peinture acrylique. Mais après avoir dix ans de travaille avec des peintures acryliques, je me suis cassé le doigt. Les médecins m’ont dit que je ne pourrais pas peindre pendant un moment et j’ai passé une année d’opérations et de reconstruction. Pendant ce temps j’ai commencé à lire des livres sur les artistes traditionnels botaniques Britanniques et j’ai découvert l’aquarelle. C’était une réincarnation totale pour moi en tant qu’artiste.

Pourquoi ?

J’ai simplement beaucoup apprécié la manière de jouer avec les contrastes que permet l’aquarelle, on peut peindre des objets qui ont l’air soit transparents, soit opaques.

Comment est-ce que vous trouvez les idées pour vos peintures ?

Pour moi, choisir un objet à peindre, c’est comme rencontrer un sujet. Une fois, par exemple, je suis allé au marché et j’ai vu une citrouille. Il y avait un tas d’autres citrouilles mais j’avais envie de peindre celle là en particulier. Ses couleurs, les lignes, ses détails - tout a attiré mon regard, comme une personne. Cela semble étrange, je sais. [Jeannerot fait un bond, marche vers un bouquet de dahlias et en montre un du doigt]. J’aime ce dahlia blanc crémeux. J’ai envie de le peindre.

Est-ce que les dahlias sont vos fleurs préférées?

Oui. Elles ont une drôle d’odeur qui me rappelle mon enfance et quand je marchais dans le jardin. J’aime aussi les pivoines et en général les grandes fleurs. Je n’aime pas trop les petites fleurs avec beaucoup de pétales ou des tiges trop fines.

Quelle est la fleur la plus difficile à peindre ?

Les fleurs blanches, je pense. Parce qu’il faut travailler avec la couleur même du papier. A l’inverse de la peinture acrylique blanche, l’aquarelle blanche n’existe pas. Alors la seule chose qu’on puisse faire c’est d’ajouter des ombres - ce qui est dur, mais aussi intéressant.

Pouvez vous nous en dire un peu plus sur le processus artistique derrière votre travail ?

D’habitude je coupe une fleur du jardin et je l’amène dans mon studio. Je m’assure toujours que la lumière provient de la droite, ce qui est inhabituel dans l’art botanique - normalement la lumière vient toujours de l’ouest, afin qu’elle ne soit pas occultée par la main dominante. Mais dans mon premier studio, la lumière provenait toujours de la droite, alors je m’y suis habitué et j’ai continué à faire comme ça.

Vous ne faites jamais de croquis?

Non, il n’y a pas assez de temps. Si je choisis un coquelicot, je n’ai que vingt minutes pour en tracer le contour avant qu’il ne fane. Alors je commence par tracer le contour de la fleur et de ses pétales. Après qu’il ait fané, je continue de travailler de mémoire sur les couleurs et les ombres. Parfois je mélange jusqu’à cinq couleurs avant que la peinture ne corresponde à la couleur du pétale. Je ne prends pas de photos car les appareils photo altèrent souvent les couleurs. Je préfère utiliser les références chromatiques que j’ai crées dans ma tête.

Vous ne capturez que des fleurs en pleine floraison. Ne pensez vous pas que les fleurs fanées sont belles aussi ?

Absolument, toutes les différentes étapes dans le cycle de vie d’une fleur sont belles, à partir du bourgeon et jusqu’à ce qu’elle fane. Mais vous avez raison, je ne peins pas les fleurs qui fanent. Une fois je suis allé voir une exposition à Londres où l’on pouvait voir vingt tournesols morts. Après avoir vu les premiers tournesols, j’étais stupéfait. Mais après le dixième tournesol, j’avais juste envie de pleurer. C’était vraiment déprimant. Non, je préfère peindre la vie.

Quel souvenir gardez vous de la première fois où l’on vous a offert des fleurs ?

J’avais environ cinq and et j’avais cueilli des violettes des bois pour ma mère. Mais mon père m’a dit que je n’aurai pas du faire ça alors j’ai pris un ruban de scotch et je suis retourné dans les bois pour essayer de recoller les tiges. Evidemment, il était trop tard.

Dernière question: si votre esprit était un jardin, à quoi ressemblerait il ?

Il ne pourrait être que blanc et vert. Avec beaucoup de fleurs blanches dans différents tons. Je rêve d’avoir un jardin comme ça, mais en fait je ne suis pas un bon jardinier. [rires].

C’est plutôt ironique.

Et bien, c’est la vie. Je me contenterai d’observer et de peindre.

Quand vous offrez une fleur à quelqu’un, n’offrez pas n’importe qu’elle fleur. Marquez le coup en offrant leurs fleurs préférées.


Photography: Fiona Makkink
GIF: STUDIO ULTRADELUXE